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Quel est le développement de L’Arche dans le monde aujourd’hui?

Quel est le développement de L’Arche dans le monde aujourd’hui?

Une profondeur et une diversité nouvelles, mais la même raison d’être!

«En renforçant les communautés des pays où il n’y a qu’une, voire deux communautés» nous dit Sophie Baché-Cougnon, lorsqu’on lui demande comment elle imagine le développement de L’Arche aujourd’hui. La Directrice du développement stratégique à L’Arche Internationale regrette que par conséquent l’association ait dû décréter un moratoire sur la création de nouvelles communautés dans de nouveaux pays pour les trois à cinq ans à venir. Mais le renforcement de l’existant est prioritaire pour elle. 

«Il nous faut réellement une équipe de direction dans chaque communauté, afin que le responsable et les assistants puissent prendre davantage de responsabilités. Cela devrait naturellement conduire à la création d’une nouvelle communauté dans chaque pays ‘isolé’, avec la mise en place, dès l’origine, de liens avec les communautés existantes. C’est ce qui se passe au Brésil, par exemple: le projet à Sorocaba est en train d’aider la communauté de São Paulo en y envoyant des assistants. En Egypte également, la première communauté à El Minia soutient à présent une nouvelle fondation à Alexandrie ainsi qu’un groupe-semence au Caire. Enfin, il y a le cas du Japon, où L’Arche est présente depuis les années 70, à Shizuoka; à présent des groupes-semence émergent dans plusieurs villes» nous dit Sophie.

Le développement peut cependant se faire de diverses manières. Une autre façon est d’approfondir l’identité de la communauté, comme par exemple à Toulouse, en France, où L'Arche en Pays Toulousain tient un stand de fruits et légumes bio tous les samedis matin. «C’est une opération gagnant-gagnant», explique Sophie, «elle répond à des besoins locaux et fait mieux connaître la communauté. La même chose s’est passée à Tahoma-Hope, aux USA, qui s’est inscrite dans ce même mouvement.»

L’aide aux voisins illustre le mieux la créativité de L’Arche: distribution de gâteaux et de thé aux personnes qui font la queue devant les banques alimentaires (à Vancouver, au Canada), accompagnement de familles avec un enfant handicapé dans le quartier pauvre d’une ville (à Kolkata, en Inde), un chœur qui chante pour des prisonniers (à Nyahururu, au Kenya), des formations pour les aumôniers d’établissements de santé mentale (à Kent, en Angleterre), la gestion d’un dispensaire (à El Minia, en Egypte). «Le point commun de ces initiatives, selon Sophie, est que partout on a commencé par se demander, ‘Quels sont les besoins de notre entourage?’» Puis après avoir été à l’écoute, la communauté trouve une réponse avec une équipe composée de membres avec ou sans handicap. 

Il est clair que de nos jours une communauté n’a pas besoin d’avoir un lieu de vie pour être L’Arche. Une réalité quasi inimaginable lorsque L’Arche a été fondée en France en 1964. Mais le changement s’est produit au fur et à mesure de l’inculturation: «Avec la grande diversité de cultures dans le monde, sans compter les attentes et les souhaits au niveau local, il n’est pas étonnant qu’un seul modèle ne puisse pas s’appliquer partout.»  De nombreuses communautés ont démarré avec seulement un atelier, par exemple à Bethléem, et à Zagreb en Croatie. A Melbourne par contre, la communauté se rencontre régulièrement pour un temps de partage et de célébration.

Et cependant, au-delà de tous ces développements, le but de L’Arche reste le même: «Après plus de 50 ans d’existence, L’Arche poursuit ce qu’elle a toujours fait: répondre à des besoins locaux clairement repérés, et en faisant cela, permettre à de nombreuses personnes de développer leur talents, souvent cachés. La seule différence aujourd’hui réside dans la grande diversité des réponses, et dans le fait que nous le faisons dans 37 pays du monde au lieu d’un seul!»