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Raphael Simi_1974

Raphaël Simi, co-fondateur de L’Arche

«Raphaël ne pouvait pas faire disparaître mes handicaps, ni m’ôter la douleur due à l’échec et l’humiliation. Il ne pouvait pas m’enseigner le français et ne pouvait pas répondre au téléphone à ma place. Il ne pouvait rien faire, sinon être mon ami et rester à mes côtés – et c’est cela qu’il a fait. Il venait au bureau tous les jours, nous préparait un café, me serrait dans ses bras, et me faisait un bisou pour me rappeler qu’il pensait à moi. Il lui importait peu que je parle ou non français. Il n’était pas intéressé par mes réussites ou mes échecs en tant que responsable de communauté. J’étais là et cela lui suffisait.» (Georges Durner, Coordinateur régional, France)

Raphaël est né en 1928 à Marseille mais dès 1931, il passe son enfance à Paris avec ses parents, son frère et sa sœur. Tout jeune, il contracte la polio et probablement aussi une maladie neurologique qui atteint ses cordes vocales et provoque une hémiplégie. Il est très choyé au sein de sa famille mais trente ans plus tard, à la mort de sa maman en 1962, il est placé dans une institution.

Il s'y sent malheureux, coupé du monde extérieur et de ses proches, son univers se réduisant au quatre murs de son institution. Il y séjournera cependant jusqu'en 1964, date à laquelle Jean Vanier l'accueille à L'Arche avec Philippe Seux. Rapidement, il travaille à l’atelier de Trosly et reste en contact avec son frère et sa sœur jusqu'à leur décès.

L'Arche à Trosly s'est agrandie et Raphaël demande à aller vivre à L'Arche la Rose des Vents pour retrouver davantage de tranquillité. A cette époque, il a 60 ans, et une de ses tâches est celle de facteur de la communauté: il distribue les lettres pour le foyer et l'Atelier. Il prend sa retraite quelques années plus tard mais continue de rendre des petits services dans sa communauté et à fréquenter l'atelier occupationnel.

La santé de Raphaël s'est fortement détériorée à la fin de l'hiver 2003… Et il s'est éteint dans la nuit du 24 mars de la même année. Comme en témoigne Georges Durner, ancien responsable de la communauté de La Rose des Vents: «Pour Raphaël et les autres personnes accueillies à la "Rose des Vents", peu importait le fait que je sois compétent ou non pour exercer ma fonction. (…) J'étais simplement invité à être là. C'était la seule attente de Raphaël et les autres. (…) Ils m'aidèrent à prendre conscience que j'étais toujours quelqu'un, que j'étais toujours une personne précieuse et aimable, même lorsque je n'arrivais à rien (…) si de nous deux, j'ai toujours été le plus autonome, c'est Raphaël qui était le plus fort. Et il le savait.»