Il y a quatre ans, j’ai rencontré un homme d’un certain âge. Il portait un sourire insolant et ne mâchait pas ses mots. Une bonne écoute. Nous avons pris un verre dans un café à Paris. Quelques semaines plus tard, non loin de ce café, j’ai rencontré une femme. Elle était prudente avec moi et pourtant ouverte en même temps. Elle était claire et concise. Une de ces personnes qui peuvent voir en vous.
Quelques mois plus tard, dans un bureau sur un autre continent, j’ai écrit le premier éditorial pour ce magazine. Il y a trois ans et demi, l’homme et la femme étaient en route pour un deuxième tour de ce qui se présentait comme une charge, une charge de travail, une charge personnelle, un défi incluant tout ce que ce mot peut impliquer. Il y a six semaines, ces deux mêmes personnes ont commencé le dernier tour de ce qui totalisera douze ans de responsabilité pour la Fédération. Plus déterminés que nerveux cette fois-ci, attendant la fin qui s’approche et en même temps, pleins de projets et d’intuitions. Et surtout, toujours engagés, très engagés pour « leur terre », pour utiliser les mots de Jean-Christophe.
On ne devrait pas écrire un éditorial pour des raisons personnelles. Mais vu que celui-ci en est mon dernier, que ce numéro est un spécial Kolkata ’08, que la Fédération a vécu des moments spéciaux depuis Swanwick, en route vers Assise et en préparation de Kolkata ’08, et que la Fédération entre dans une période de croissance et de changement, et bien … je ne peux pas ne pas utiliser ces lignes pour remercier Jean-Christophe et Christine.
Ce sera la seule chose que je voudrais ajouter aux différents articles, discours, témoignages et commentaires de ce numéro. Les mots et les photos reprennent parfaitement l’essentiel de ce que certains parmi nous ont pu vivre à Kolkata, ce que d’autres ont suivi de loin et ce qui a été préparé par beaucoup. Ce que les orateurs et auteurs de l’Assemblée générale et de ce numéro ne soulignent peut-être pas assez est le degré avec lequel Jean-Christophe et Christine ont conduit cette Fédération : avec insistance et prudence, dans de nouvelles eaux, parfois mouvementées, mais toujours excitantes et portantes, en poussant mais en tenant ensemble le tout, en questionnant mais en faisant confiance, non seulement à Kolkata, mais pendant plus de neufs ans.
Venant de “l’extérieur”, étant un non-membre appelé à être « professionnelle », innocente et naïve sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire à L’Arche, j’ai appris que l’exercice de leadership et d'autorité n’est certainement pas votre activité favorite pour vous, gens de l’intérieur, gens des communautés qui portent l’histoire. J’ai appris que le style de gestion de Jean-Christophe et de Christine se posait bien plus sur le « learning by doing », une pression subtile et le « écouter et le marcher avec … » que sur les esquisses, les stratégies et la planification. J’en ai appris beaucoup grâce à vous deux et … malgré le fait que mon expérience soit plutôt courte et limitée comparée à celle des coryphées de L’Arche, je sens que la Fédération, elle aussi, en a appris beaucoup grâce à vous. Et vu que je parle d’un coryphée, permettez-moi de conclure une fois de plus sur les mots de Jean : « Ce qui me donne beaucoup de paix et de joie, une harmonie intérieure, c’est que tu es là, Jean-Christophe. Et toi, Christine, tu es là. Et quand je dis Jean-Christophe et Christine, je parle de tous ceux qui sont là.»
Merci Jean-Christophe et Christine,
Tina