LDA 125: Engagement
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"Où que nous soyons, dans nos familles, au travail, avec nos amis, dans nos lieux de prière ou de loisirs, nous pouvons construire une terre nouvelle, si, jour après jour, nous laissons transformer notre cœur et accueillons notre humanité." (Jean Vanier, Accueillir notre Humanité, p.217)
Les opportunités de “construire une terre nouvelle” sont nombreuses, s’étendent du politique, en passant par le social et le religieux, ou encore l’écologie. Nombreuses également sont les possibilités de vivre son engagement. Khalil Gibran était un poète engagé. Des musiciens et acteurs utilisent souvent leur talent pour leur cause. L’évêque Ruiz Garcia était engagé pour les peuples indigènes du Chiapas. Nelson Mandela, Aung San Suu Kyi, Martin Luther King et Gandhi sont devenus des symboles pour tous ceux qui souhaitent transformer ce monde.
Jean Vanier, qui a reçu de nombreux prix et récompenses pour son « engagement de longue date » pour la personne avec une déficience intellectuelle, ne commence pas son article par la politique ou l’environnement. Il le commence en nous parlant de son chemin personnel. Car, l’engagement n’est pas un exercice intellectuel. L’engagement est tout d’abord une affaire de sentiments, de croyances, d’intuition et de cheminement personnel. Nous sommes engagés lorsque nous avons des croyances fortes, lorsque nous promettons quelque chose à quelqu’un, lorsque nous agissons par amour ou tendresse ou même, lorsque nous réagissons à partir d’un sentiment d’injustice ou d’espoir. Nous sommes tous engagés pour notre propre bien-être et notre croissance, pour notre peuple et nos maisons, pour nos familles, amis, compagnons, compagnes et enfants.
Nous savons également que l’engagement ne va pas toujours de soi, n’est pas toujours facile. L’engagement suppose de la réciprocité – entre deux amis, entre un individu et une organisation, entre amants ou associés. Nous sommes des être humains qui avons tendance à blesser et à être blessés, à perdre confiance, à se sentir abandonnés et seuls. Et pourtant, être engagé ne veut pas dire que l'on doive endosser un fardeau. Être engagé ne veut pas dire que l'on doive être parfait. Être engagé veut dire être soi-même, conscient de ses dons et limites, certainement conscient et ouvert aux autres, prêt à s’attaquer à ce petit bout du monde que nous pouvons influencer.
L’Arche n’existerait pas sans l’engagement de ses membres. Mais, à quoi s’engagent les gens quand ils arrivent à L’Arche ? A quoi appelons-nous ceux et celles que nous invitons ? Comment nourrir et soutenir cet engagement ? Au moment où la fédération s'embarque dans une nouvelle aventure autour de cette notion de l’engagement, ce numéro des Lettres de L’Arche souhaite vous offrir une série de pistes et de points de départ. L’esprit est libre et nos auteurs ne parlent que pour eux-mêmes. L’engagement ne peut être contenu dans une politique officielle. Si je peux me référer à Jean une dernière fois: « L’essentiel est que nous nous engagions, chacun de nous, à grandir sans cesse vers une ouverture plus grande aux autres, vers un amour réel fait de sagesse et de compétence et vers une liberté plus grande. Et que nous prenions les moyens pour cheminer sur cette route. »
Bonne lecture,
Tina Bovermann