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LDA 122: Être communauté de foi

«La communauté de foi, c’est ma relation avec les gens, c’est ma vie dans la communauté, c’est toute la vie.» (Christine McGrievy, France) «Notre spiritualité n’est pas basée sur une croyance intellectuelle ni sur une adhésion stricte à des règles institutionnelles, mais sur notre relation avec Dieu et les uns avec les autres.» écrit Jason Greig du Canada. «En effet, c’est toute notre vie partagée avec les autres qui est synonyme de vie spirituelle, de communauté de foi.» (Rafael Téllez Morales, Mexique) Tout en utilisant des mots très différents, les membres de L’Arche des quatre coins de la planète semblent avoir la même intuition sur ce que nous à L’Arche et ce que d’autres, par exemple la communauté St Martin au Kenya, considérons comme essentiel dans la notion de «communauté de foi»: la relation.

Et pourtant, malgré cette compréhension commune, «la foi dérange!», écrit Jim Cargin. «Pourquoi ne pas remplacer «communauté de foi» par «communauté d’espérance»?», nous demande-t-il en jouant l’avocat du diable. Alors, qu’est-ce qui pose problème exactement? Et pourquoi? Thomas Wittkowski de Suisse met en avant un élément de réponse: «Nous ne sommes évidemment pas des «communautés de foi» dans le sens normalement et traditionnellement compris: à savoir, une communauté avec une croyance commune, dans le sens de confession commune de foi, combinée à une liturgie commune qui rassemble, avec des symboles et des rituels communs.» Effectivement, notre compréhension de la notion, telle que décrite par les auteurs de ce numéro, ne correspond pas toujours à celle de nos sociétés. Et en ce moment de l’histoire de L’Arche, où nous sommes appelés à nous «engager dans nos cultures respectives et à travailler à construire une société plus humaine» (énoncé de mission), il ne suffit certainement plus d’être sûrs de notre compréhension à usage interne. Nous devons également nous assurer de nous faire comprendre à l’extérieur.

L’année dernière, le père Christian Salenson a été invité par L’Arche de France à donner un atelier sur le thème, L’Arche, communauté de foi. Il nous offre un deuxième élément de réponse à ce malaise qui surgit ici et là par rapport à la notion de «communauté de foi»: «Le besoin s’est fait sentir dans L’Arche de réfléchir à [la] diversité religieuse afin de la prendre en compte avec justesse et de préciser ce que l’on entend par communauté de foi, un concept qui reste flou et qui passe sous silence aussi bien la diversité des appartenances que l’intuition fondatrice de L’Arche.» Effectivement, pendant que nous tâchons de nous rappeler les éléments essentiels de L’Arche, ceux qui créent l’unité entre toutes les communautés, l’appartenance religieuse des membres se diversifie, et L’Arche, présente dans un nombre croissant de pays, devient plus hétérogène et complexe.

Et pourtant, la vie en communauté qui permet la création de ces relations, les repas pris ensemble, les sorties avec l’un ou l’autre, les anniversaires et les prières, les conflits et les ras-le-bol n’ont sans doute pas beaucoup changé. Comme l’écrit Jean Vanier, «Le secret de L’Arche réside dans la création d’un lien d’appartenance, un «nous», une communauté, qui aide chacun à grandir vers une plus grande liberté, une intériorité plus profonde, un amour plus grand.» Un secret qui n’a pas changé en 40 ans. Barbara Swanekamp, décédée à Trosly en juillet, avait certainement compris ce secret dans les plus de 40 ans qu’elle a passé à L’Arche. Elle n’était pas seulement dévouée à sa communauté et à son foyer de Trosly. Sa conception de la communauté de foi embrassait le monde entier, comme nous le montre cette phrase qu’elle avait notée dans sa Bible: «Reçois ô Père saint, en union avec le corps et le sang de Jésus, l’offrande de ma vie en immolation pour mes frères du monde entier.»

Bonne lecture,

Tina Bovermann,
Rédactrice en chef

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