LDA 121 Mettre en scène notre histoire
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«L’inculturation» est un des principes de notre Constitution, un terme qui fait partie de L’Arche depuis longtemps mais qui reste un concept difficilement saisissable. A travers le processus Identité-Mission, nous avons mis en avant l’authenticité de L’Arche. Mais le processus a également fait ressortir le besoin d’être plus perméable, de laisser entrer et sortir, d’être fidèle à nous-mêmes, mais ouvert au monde. Aujourd’hui, nous sommes à la recherche d’une compréhension commune de ce que la Constitution décrit comme «inculturation». A cause de ses origines, le terme et ses connotations sont controversés à l’intérieur et à l’extérieur de L’Arche.
Les photos de l’article «À la une» montrent des membres de L’Arche à Paris, photographiés par des assistants et des amis. Ce qui lie toutes ces photos entre elles, écrit un des photographes, c’est «la capacité qu’ont les personnes avec un handicap mental, de mettre en scène leur propre histoire (…).» Quel est le lien entre «l’inculturation» et ces photos nous venant de Paris?
A travers la distance géographique, la photo permet aux membres de L’Arche à Paris de nous montrer leur regard sur le monde. Leur don devant les photographes consiste à mettre en scène leur authenticité, à faire passer leur message. En regardant les photos et en lisant les commentaires des photographes et photographiés sur leur moment partagé, nous sentons que nous sommes invités à nous joindre à eux et à adapter notre perspective à la leur.
A L’Arche – et ailleurs – nous apprenons que l’authenticité d’une personne est liée à l’accueil, à l’ouverture à l’autre. Pas de relation de réciprocité, pas d’amitié sans sincérité et ouverture. Pas de transformation sans la volonté de se laisser déranger et de déranger.
Et si nous transposions le concept des relations de réciprocité, sources de transformation, aux communautés et au message de L’Arche à l’intérieur de nos cultures? N’arriverions-nous pas à la définition que nous cherchons? Ne devrions-nous pas tâcher de «mettre en scène notre histoire» fondatrice, notre message pour ceux et celles qui nous entourent tout en les invitant au dialogue, tout en nous réajustant par rapport à ce que nous apprenons?
Nous sommes engagés dans un dialogue dynamique entre la mission de L\\\'Arche et nos cultures. Notre mission à l\\\'intérieur de ces cultures prend son sens au travers d\\\'un processus constructif et réciproque d\\\'interaction et d\\\'assimilation.
Vous trouverez sur cette page une définition de travail, qui changera éventuellement au fur et à mesure de nos réflexions et de nos actions, mais qui est aujourd’hui un point de départ pour la fédération. Dans ce numéro, vous pourrez également lire des commentaires et articles qui ont pour but de vous envoyer sur vos propres réflexions. Brenda Hermann nous aide avec ce fameux terme «inculturation», nous explique ses origines et son sens, présente ses frères et cousins, tel quel la culture, l’acculturation ou encore le charisme. Eugen Lukashevich raconte tout simplement sa vie où acculturation et inculturation se mêlent, où authenticité et ouverture sont mises à l’épreuve. Pat Favaro retrace les premiers pas des communautés de sa région qui ont commencé à concrétiser le concept de l’inculturation.
Dans leur brève, dans la rubrique «fédération», nos deux coordinateurs internationaux parlent de la fin du «processus Identité et Mission». Si ce numéro reflète le début d’une nouvelle étape, ce n’est certainement pas par hasard que nous pouvons vous présenter, en même temps, le résultat du «processus d’intégration» de l’énoncé d’identité. Rendez-vous donc à la page 23 pour le nouvel énoncé.
En espérant que cet énoncé vous donne envie de le «mettre en scène», de le faire vivre dans votre contexte tout particulier avec et grâce à ceux et celles qui vous entourent, nous vous souhaitons une bonne lecture,
Tina Bovermann,
Rédactrice en chef
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